market-trendMarkets Team25 février 2026

Trump instrumentalise son discours sur l'état de l'Union pour présenter son ultimatum à l'Iran, tandis que les marchés intègrent déjà le risque de conflit.

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Le discours : Un avertissement bref mais clair

Le président Donald Trump a consacré une partie relativement brève mais incisive de son discours sur l'état de l'Union, d'une durée de près de deux heures, prononcé mardi soir, à l'escalade des tensions avec l'Iran. S'exprimant devant le Congrès réuni en session conjointe, M. Trump a déclaré que les États-Unis ne permettraient pas à Téhéran d'acquérir l'arme nucléaire, tout en privilégiant la voie diplomatique à l'action militaire.

Le président a noté que les précédentes opérations militaires américaines avaient affaibli les capacités iraniennes, mais a souligné que la menace n'avait pas été éliminée. Sa principale exigence demeure inchangée : l'Iran doit s'engager à ne jamais se doter de l'arme nucléaire. Sans cet engagement, a-t-il laissé entendre, les négociations resteraient inachevées.

Un calendrier diplomatique qui se resserre

Ce discours intervient à un moment critique. Les négociateurs américains et iraniens doivent se rencontrer à Genève jeudi pour une nouvelle série de pourparlers nucléaires, alors même que Washington continue de renforcer sa présence militaire dans la région. Le secrétaire d'État Marco Rubio a informé le « Groupe des Huit » du Congrès – un groupe bipartisan de parlementaires de haut rang généralement consulté avant toute opération militaire imminente – le même jour, accentuant ainsi le sentiment d'urgence.

Les analystes d'ING ont souligné que l'ultimatum de 10 à 15 jours fixé par l'administration pour l'Iran implique une décision début mars, ne laissant qu'une courte fenêtre d'opportunité pour la diplomatie avant que les calculs ne basculent vers une possible action militaire.

Les marchés pétroliers absorbent la prime géopolitique

Les prix du pétrole brut réagissent déjà à la montée des tensions. Le Brent a atteint la semaine dernière son plus haut niveau en six mois, avoisinant les 71 dollars le baril, Goldman Sachs estimant qu'environ 6 dollars de prime de risque géopolitique sont actuellement intégrés à son prix. Le WTI, quant à lui, affiche une prime liée au conflit estimée entre 3 et 4 dollars le baril.

| Indice de référence | Niveau récent | Prime géopolitique (est.) |

|-----------|-------------|----------------------------|

| Pétrole brut Brent | ~71 $/baril | ~6 $/baril |

| Pétrole brut WTI | ~67 $/baril | ~3-4 $/baril |

Cette prime s'est partiellement atténuée suite à des informations indiquant qu'une éventuelle frappe américaine serait d'envergure limitée – ciblant les installations militaires plutôt que les infrastructures pétrolières – réduisant ainsi le risque perçu d'un conflit prolongé.

Ce que les marchés surveillent ensuite

Les pourparlers de Genève de jeudi constituent le catalyseur le plus immédiat. Une voie diplomatique crédible pourrait rapidement faire disparaître la prime géopolitique, les analystes évoquant un repli potentiel de 5 à 10 $ du WTI si une issue favorable se concrétise.

À l'inverse, une rupture des négociations – ou tout signe indiquant que l'échéance de début mars ne sera pas atteinte sans accord – pourrait faire grimper sensiblement les prix du pétrole brut et avoir des répercussions sur les marchés actions, les marchés obligataires et les devises des marchés émergents liées aux importations d'énergie.

Point clé : Le discours sur l'état de l'Union a cristallisé un contexte géopolitique déjà tendu en un calendrier précis. Les marchés sont désormais confrontés à un choix binaire début mars : accord ou escalade.

Contexte politique intérieur

L’opinion publique américaine reste peu favorable à un engagement militaire. Un sondage Reuters/Ipsos réalisé en janvier a révélé que 69 % des Américains estimaient que l’armée ne devrait être utilisée qu’en cas de menace directe et imminente. Des membres du Congrès, dont le sénateur Tim Kaine, ont accusé l’administration de dériver vers un conflit après avoir abandonné l’accord nucléaire de 2015 qui encadrait auparavant le programme nucléaire iranien.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a réagi vivement, accusant le président de propager de fausses informations sur le programme nucléaire de Téhéran. L’administration, quant à elle, a annoncé de nouvelles sanctions visant plus de 30 entités liées aux ventes de pétrole iranien et à la production de missiles balistiques, dans le cadre de sa stratégie de pression maximale.

Source: Reuters
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