market-trendMarkets Team14 avril 2026

Le prix du pétrole dépasse les 103 dollars le baril alors que le blocus naval américain de l'Iran entre en vigueur.

Blocus américain en vigueur Le Commandement central des…

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Blocus américain en vigueur

Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a confirmé lundi que les forces navales ont commencé à appliquer un blocus maritime total de tout le trafic entrant et sortant des ports iraniens, à compter de 10h00, heure de l'Est. Cette opération fait suite à l'échec des négociations de cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, qui se sont tenues au Pakistan le week-end dernier – des pourparlers qui avaient brièvement fait naître l'espoir d'une désescalade du conflit en cours.

Le président Trump a ordonné le blocus après l'échec des négociations diplomatiques sur les points clés. Le CENTCOM a précisé par la suite que le blocus ne vise que les navires à destination et en provenance d'Iran ; le reste du trafic dans le détroit d'Ormuz peut circuler librement. Une trêve fragile entre les deux parties reste techniquement en vigueur jusqu'au 22 avril, mais sa pérennité est désormais sérieusement compromise.

Forte réaction des prix du pétrole

Les cours du brut ont fortement augmenté suite à cette annonce. Le Brent, référence internationale, a bondi de plus de 8 % dimanche pour dépasser les 103 dollars le baril, franchissant pour la première fois la barre des 100 dollars depuis son bref passage à 111 dollars en début de semaine. Le WTI, référence américaine, a progressé de 7,8 % pour s'établir aux alentours de 104 dollars. Le Brent a ainsi gagné environ 40 % depuis le début des hostilités, tandis que le WTI se situe à plus de 50 % au-dessus de son niveau d'avant-guerre.

Les prix avaient culminé près de 119 dollars le mois dernier avant de retomber sous les 92 dollars la semaine dernière, dans l'espoir que les pourparlers organisés au Pakistan aboutissent à un cessez-le-feu. Ces espoirs se sont désormais évanouis.

| Référence | Dernier niveau | Variation de la séance | Évolution depuis le début de la guerre |

|-----------|-------------|----------------|----------------------|

| Brent (juin) | ~103 $ | +8 % | +40 % |

| WTI (mai) | ~104 $ | +7,8 % | +50 % |

Détroit d'Ormuz : Chute libre du trafic maritime

Ce passage étroit reliant le golfe Persique aux marchés mondiaux de l'énergie voit normalement transiter environ 130 navires par jour, transportant près d'un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel. Samedi, seuls 17 navires l'ont franchi, soit une chute de plus de 85 % par rapport à la normale. L'Iran a imposé ses propres contrôles et autorisations au trafic limité qui continue de passer.

Cette chute du trafic représente ce que les analystes qualifient de plus grande perturbation de l'approvisionnement en pétrole de l'histoire moderne. Avec environ 4 % de l'approvisionnement mondial en pétrole brut provenant d'Iran — dont une grande partie est destinée à la Chine —, les répercussions sur les raffineries asiatiques et les routes maritimes mondiales sont considérables.

Conséquences sur les marchés

Les marchés boursiers asiatiques ont ouvert en baisse suite à l'annonce du week-end. L'indice Nikkei 225 japonais a reculé de 0,9 % en début de séance lundi, tandis que le KOSPI sud-coréen a chuté de plus de 1 %. Les contrats à terme sur le S&P 500 laissaient présager une baisse d'environ 0,8 % à l'ouverture américaine.

Cette aversion au risque reflète l'inquiétude croissante que le blocus, loin d'accélérer le dénouement, ne prolonge le conflit et n'aggrave la crise énergétique qui pèse déjà sur l'économie mondiale.

Pressions économiques sur l'Iran

Selon les analystes, le blocus vise à infliger un maximum de dommages économiques. Miad Maleki, chercheur principal à la Foundation for Defense of Democracies et ancien fonctionnaire du Trésor américain, estime que le blocus coûtera à l'Iran environ 435 millions de dollars par jour en pertes économiques, soit près de 13 milliards de dollars par mois.

L'économie iranienne montre déjà des signes de faiblesse. Le rial a perdu environ 8 % de sa valeur face au dollar sur le marché noir depuis le début de la guerre, et les prix à Téhéran et dans d'autres grandes villes ont bondi d'environ 40 % depuis le début des hostilités.

Robin Brooks, chercheur principal à la Brookings Institution, estime que le blocus pourrait déclencher une crise plus profonde. Face à l'effondrement des recettes d'exportation de pétrole, l'Iran risque une spirale de dévaluation de sa monnaie et une pression inflationniste croissante. Brooks prévoit que le Brent ne devrait pas dépasser les 120 $, même en cas de perturbation prolongée, ce qui suggère que les marchés intègrent déjà une certaine capacité d'approvisionnement alternative pour combler le manque.

À surveiller

L'expiration du cessez-le-feu le 22 avril est la prochaine date critique. Si ce fragile cessez-le-feu s'effondre complètement, le marché devra réévaluer la durée des perturbations de l'approvisionnement et ses conséquences sur la croissance mondiale, l'inflation et la politique des banques centrales. Les opérateurs surveillent également toute réaction de l'OPEP+ : les capacités excédentaires des producteurs du Golfe pourraient compenser partiellement la pénurie de pétrole iranien, mais la volonté politique de le faire reste incertaine.

Pour les économies d'Asie et d'Europe fortement dépendantes de l'énergie, le blocus fait planer le spectre de prix du pétrole à trois chiffres qui se maintiendront tout au long du deuxième trimestre et au-delà.

Source: Reuters
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