Changement de direction en Iran : le pétrole dépasse les 100 dollars le baril – les marchés se préparent à une perturbation prolongée
Que s'est-il passé ? L'Assemblée des experts iraniens a…
Que s'est-il passé ?
L'Assemblée des experts iraniens a nommé Mojtaba Khamenei, fils de l'ayatollah Ali Khamenei assassiné, troisième guide suprême du pays le 8 mars. Ce religieux conservateur de 56 ans, soutenu par les Gardiens de la révolution, n'a jamais occupé de fonction publique. Sa nomination instaure de facto une succession dynastique, signe que les factions conservatrices gardent un contrôle ferme sur le pouvoir à Téhéran.
Les États-Unis et Israël ont rejeté cette nomination. Le président Trump a averti que le nouveau dirigeant aurait besoin de l'aval des États-Unis pour se maintenir au pouvoir, tandis que l'armée israélienne a menacé de cibler tout successeur.
Impact sur les marchés
| Actif | Niveau | Variation |
|-------|-------|------|
| Brent | ~102 $/baril | +45 % depuis le 28 février |
| WTI | ~98 $/baril | +40 % |
| Nikkei 225 | — | -5 % à l'ouverture lundi |
| KOSPI | — | Ouverture de lundi en baisse de 6 % |
| Or | — | Nouveaux sommets |
| Obligations américaines à 10 ans | — | Recours aux valeurs refuges |
Le conflit iranien a interrompu le transit d'environ 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole via le détroit d'Ormuz. Le Qatar a invoqué la force majeure pour ses exportations de gaz suite aux frappes de drones iraniens. Le terminal de Ras Tanura de Saudi Aramco, l'un des plus importants au monde, est fermé. Le Brent a grimpé jusqu'à près de 120 $ en séance avant de se stabiliser au-dessus de 100 $.
Les marchés boursiers asiatiques ont débuté la semaine en forte baisse. Le Japon et la Corée du Sud, tous deux fortement dépendants des importations de pétrole du Golfe, ont mené la chute. Le gaz naturel européen est également sous pression en raison des perturbations au Qatar.
Pourquoi c'est important
L'accession au pouvoir de Mojtaba Khamenei réduit la probabilité d'un cessez-le-feu ou d'une sortie de crise négociée à court terme. Cette nomination, soutenue par les Gardiens de la révolution, indique que Téhéran maintiendra sa position de guerre. Pour les marchés, cela signifie :
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Énergie : Si le blocus d’Ormuz reste contesté, les analystes prévoient que le Brent atteindra 150 $/baril d’ici la fin du mois. Surveillez les déblocages potentiels des réserves stratégiques du G7, qui pourraient constituer un plafond.
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Inflation : Un choc pétrolier de cette ampleur se répercute directement sur l’IPC global dans les principales économies. Les anticipations de baisse des taux directeurs des banques centrales sont réévaluées.
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Changes des marchés émergents : Les marchés émergents importateurs de pétrole subissent les plus fortes pressions sur leurs devises ; la roupie indienne, la livre turque et le won coréen sont les plus exposés.
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Valeurs refuges : L’or, les bons du Trésor et le dollar américain continuent d’attirer les flux de capitaux.
Conclusion : Il s’agit d’un changement de régime qui s’ajoute à la perturbation de l’approvisionnement pétrolier la plus importante depuis des décennies. Il faut s’attendre à une volatilité prolongée des prix de l’énergie, des taux et des actifs à risque jusqu’à l’ouverture d’un canal diplomatique ou la concrétisation de solutions d’approvisionnement alternatives.