Impasse croissante à Hormuz : les Émirats arabes unis rejettent les assurances iraniennes alors que le Brent teste les 126 dollars.
Le contexte Un haut responsable des Émirats arabes unis a…
Le contexte
Un haut responsable des Émirats arabes unis a publiquement rejeté l'idée que l'Iran puisse être chargé de contrôler le détroit d'Ormuz selon ses propres conditions. Cette déclaration intervient au pire moment pour les diplomates qui tentent de transformer le fragile cessez-le-feu du 8 avril en un accord durable. Le conseiller présidentiel Anwar Gargash a présenté la liberté de navigation comme relevant de la volonté internationale collective et du droit international, et non d'accords bilatéraux avec Téhéran, évoquant ce qu'il a qualifié d'agression récente de l'Iran envers ses voisins.
Point clé : Les États du Golfe souhaitent un cadre multilatéral pour la réouverture du détroit. Cela repousse l'échéance d'une résolution définitive et maintient une prime de risque structurelle sur les prix du pétrole.
Pourquoi cette déclaration est importante pour les marchés
Deux mois après le début du conflit, environ 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz reste bloqué par le blocus iranien d'Ormuz, auquel s'ajoute le blocus des exportations de pétrole brut iranien par la marine américaine. Les négociations diplomatiques menées en coulisses sous l'égide du Pakistan n'ont pas permis de fixer de date pour de nouvelles discussions, et le président Trump a déclaré mardi à la presse qu'il était insatisfait de la dernière proposition iranienne. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a mis en garde contre tout espoir de résultats rapides.
Des informations selon lesquelles Trump était informé des plans de nouvelles frappes – notamment, d'après Axios, une opération terrestre visant à s'emparer d'une partie du détroit – ont propulsé le Brent à son plus haut niveau intraday en quatre ans jeudi, avant de se replier.
Évolution des prix
| Référence | Niveau | Mouvement |
|---|---|---|
| Brent (livraison le mois prochain) | ~111 $/baril | +5,7 % depuis le début de la semaine |
| Plus haut intraday du Brent (jeudi) | 126 $/baril | Plus haut depuis mars 2022 |
| Part du pétrole et du gaz mondiaux transitant par le détroit d'Ormuz | ~20 % | Largement bloquée |
Goldman Sachs a indiqué qu'un mois supplémentaire de fermeture maintiendrait le Brent au-dessus de 100 $ tout au long de 2026, et l'AIE a qualifié cette perturbation de la plus importante de l'histoire du marché pétrolier mondial.
Le Constructeur de liberté maritime
Un télégramme du Département d'État américain, qui doit être communiqué oralement aux partenaires d'ici le 1er mai, invite les alliés à rejoindre une nouvelle coalition appelée Constructeur de liberté maritime (MFC). La branche diplomatique serait basée au Département d'État ; la branche opérationnelle serait basée au CENTCOM en Floride, coordonnant le trafic en temps réel et la communication directe avec les navires en transit. La France, le Royaume-Uni et d'autres pays se sont engagés, mais ont conditionné leur participation à un cessez-le-feu formel – un dilemme qui reflète les négociations plus larges.
Date limite relative aux pouvoirs de guerre
Vendredi est également la date limite fixée par les États-Unis, en vertu de la résolution de 1973 sur les pouvoirs de guerre, pour que le président mette fin à la guerre ou présente au Congrès les arguments en faveur de sa prolongation. Un haut responsable de l'administration a indiqué que, pour les besoins de la résolution, les hostilités sont considérées comme ayant pris fin avec le cessez-le-feu d'avril – une solution de contournement permettant de laisser passer cette date sans modifier le statu quo sur le terrain.
Position iranienne
Deux sources iraniennes de haut rang ont déclaré à Reuters que Téhéran a activé sa défense aérienne et prévoit une riposte de grande envergure en cas de nouvelle attaque, partant du principe d'une frappe américaine courte et intense, potentiellement suivie d'une action israélienne. Un responsable des Gardiens de la révolution a mis en garde contre des « frappes longues et douloureuses » contre les positions américaines dans la région dans un tel scénario, le commandant des forces aérospatiales, Majid Mousavi, étendant la menace aux navires de guerre américains.
Points à surveiller
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Négociations sous l'égide du Pakistan : Aucune date n'est fixée ; toute annonce constitue le principal catalyseur pour le pétrole brut.
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Adhésions aux MFC : Les engagements des partenaires européens et asiatiques seraient un signal discret de désescalade.
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**États-Unis Posture militaire : Toute avancée vers l'option d'une opération terrestre évoquée lors du briefing de Trump fait grimper le Brent.
Difficultés économiques iraniennes : Trump parie sur une première concession de Téhéran ; les analystes cités par Reuters estiment que l'Iran peut maintenir le statu quo pour le moment.
Conclusion : La prime de risque intégrée au Brent reflète une impasse prolongée, et non une percée imminente. Tant que le MFC ne se concrétise pas avec l'adhésion des États du Golfe, ou que le Pakistan ne facilite pas une nouvelle série de négociations crédibles, le cours du pétrole brut devrait évoluer latéralement, voire à la hausse, avec de fortes fluctuations liées à l'actualité.