Le rallye boursier européen s'étend, l'indice STOXX 600 atteignant un niveau record
Principaux constats Reuters a rapporté que l'indice de…
Principaux constats
Reuters a rapporté que l'indice de référence européen STOXX 600 a atteint un nouveau record en séance vendredi et a clôturé en hausse de 0,7 %, enregistrant ainsi sa plus forte progression hebdomadaire depuis mi-mai. Le DAX allemand a également atteint un sommet historique et a terminé en hausse de 0,8 %, la hausse s'étendant au-delà du secteur technologique, notamment aux valeurs cycliques, aux banques, aux services financiers et à la défense.
Enseignements clés du marché : La hausse des marchés européens dépend moins du leadership technologique et davantage de la perspective de taux d'intérêt plus bas, de valorisations relatives plus attractives et d'un regain d'intérêt pour les valeurs cycliques.
Facteurs de la hausse
Le catalyseur immédiat a été la publication d'un rapport sur le marché du travail américain moins favorable, ce qui a réduit la pression en faveur d'une hausse imminente des taux de la Réserve fédérale. CNBC, citant les données du Bureau des statistiques du travail, a rapporté que les créations d'emplois non agricoles aux États-Unis n'ont augmenté que de 57 000 en juin, un chiffre inférieur aux 115 000 estimations du consensus Dow Jones, tandis que le taux de chômage a reculé à 4,2 %, notamment en raison de la baisse du taux d'activité.
Cette situation a des répercussions sur les marchés actions européens, car une politique monétaire moins agressive de la Fed pourrait assouplir les conditions financières mondiales, exercer une pression à la baisse sur le dollar et soutenir les actifs à risque hors des États-Unis. Reuters a également fait état de la résilience des indicateurs d'activité économique mondiale, ce qui a permis aux investisseurs d'interpréter la faiblesse des créations d'emplois comme un signal de baisse des taux plutôt que comme un avertissement de récession immédiate.
Contexte de l'inflation
Selon une première estimation d'Eurostat, l'inflation annuelle dans la zone euro a ralenti à 2,8 % en juin, contre 3,2 % en mai. L'inflation énergétique est restée élevée à 8,7 %, mais a ralenti par rapport aux 10,8 % de mai ; l'inflation des services a également ralenti à 3,2 %, contre 3,5 %.
| Indicateur | Dernières nouvelles | Contexte | Analyse de marché |
|---|---:|---:|---|
| STOXX 600, clôture vendredi | +0,7 % | Record intraday à 652,35 | Dynamique haussière des actions |
| DAX, clôture vendredi | +0,8 % | Nouveau record historique | Valeurs cycliques allemandes soutenues |
| Inflation en zone euro | 2,8 % | 3,2 % en mai | Resserrement monétaire de la BCE moins urgent |
| Créations d'emplois aux États-Unis | 57 000 | 115 000 (consensus) | Les anticipations de hausse des taux de la Fed revues à la baisse |
La composition de l'inflation n'est pas totalement rassurante : l'énergie reste la composante annuelle la plus importante, et les indicateurs sous-jacents demeurent supérieurs au seuil de tolérance de la Banque centrale européenne. Cependant, cette tendance incite les investisseurs à anticiper une réaction moins énergique de la BCE que celle redoutée lors du rebond inflationniste printanier, tiré par l'énergie.
Signaux sectoriels
Reuters a noté que les valeurs du secteur de la défense ont progressé de 0,7 % suite à l'intensification des frappes russes en Ukraine, renforçant les anticipations d'une hausse des dépenses de défense européennes. Les valeurs industrielles, bancaires et financières ont figuré parmi les plus fortes performances de la semaine, démontrant ainsi que la progression s'est étendue au-delà d'un simple rebond tiré par le secteur technologique.
Les valeurs liées aux semi-conducteurs ont également contribué à cette hausse : Aixtron a progressé de 6 %, tandis que Soitec et BE Semiconductor ont gagné respectivement de 5 % et de 4,2 %. Toutefois, le signal le plus important pour l'allocation de portefeuille est que le profil de valorisation plus attractif des entreprises européennes attire les acheteurs, même si les multiples des valeurs technologiques américaines restent sous surveillance.
Perspectives
La hausse pourrait se poursuivre si trois conditions sont réunies : l'inflation dans la zone euro continue de se calmer, les indicateurs économiques américains restent suffisamment faibles pour retarder le resserrement de la politique monétaire de la Fed sans pour autant confirmer un atterrissage brutal, et la croissance des bénéfices en Europe s'améliore hors du secteur technologique. Le risque réside dans une nouvelle pression sur le marché de l'énergie ou dans une politique monétaire restrictive de la BCE, qui pourrait annuler l'effet positif de la baisse des taux ayant soutenu la progression de cette semaine.
Pour l’instant, le record atteint par le STOXX 600 suggère que les investisseurs se tournent vers l’Europe non seulement comme une alternative défensive aux valeurs technologiques américaines onéreuses, mais aussi comme un marché où les valeurs cycliques moins chères peuvent bénéficier de perspectives de taux d’intérêt mondiaux plus favorables.